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Le vol d'œuvres d'art

11 Janvier 2013, 15:32pm

Publié par Le proprio

Le vol est un phénomène probablement vieux comme l'humanité car même nos cousins chimpanzés sont capables de commettre ce larcin.

Mais l’œuvre d'art a ceci de spécial par rapport à d'autres biens qu'elle est susceptible d'admiration. Et, s'il y a peu de chances qu'un voleur de matière fissible reste en pâmoison devant l'objet dérobé, le voleur d'art, lui, peut le faire. Ainsi, trouve-t-on parmi les coupables quelques maniaques tels que Stéphane Breitwieser, dont la motivation était, entre autres, de constituer une collection personnelle.

Cependant, l'argent, bien plus que l'amour de l'art, reste la principale motivation, comme pour n'importe quelle marchandise. Ce qui explique que les œuvres d'art sont l'objet d'un véritable trafic menés par des délinquants voire des criminels professionnels, que cette activité soit exclusive ou occasionnelle. Le trafic d'art serait le troisième, en termes de valeur, après la drogue et les armes.

Cet aspect lucratif peut revêtir plusieurs formes :

- le vol simple en attendant la revente du bien (et son blanchiment par un système de reventes successives);

- le kidnapping, contre rançon ou comme objet de pression;

- l’œuvre comme pure monnaie d'échange;

- et, accessoirement, la revente d'informations.

Le tout perpétré aussi bien par des personnes isolées que des bandes organisées et jusqu'aux mafias.

Les procédés sont bien sûr très divers et l'on trouve pêle-mêle :

- le vol sans ou avec effraction;

- les cambriolages de nuit ou en public;

- les attaques à mains armées ou pacifiques.

Avec un prix spécial du jury pour le vol de "la plage de Pourville" de Claude Monet, exposée au musée de Poznan, copiée sur place et ... remplacée par l'erstaz!

Quant aux circonstances, certaines sont regrettables car évitables, alors que d'autres sont irrésistibles.

Ainsi, les "petits" musées et les lieux de cultes sont fréquemment la cible de vol, tant en raison de véritables négligences de sécurité que par manque de moyens. Les cantons suisses en ont fait, dans le passé, la malheureuse et involontaire démonstration. Quant aux nombreux objets cultuels proposées dans les ventes publiques, il y a fort à parier que certaines proviennent d'églises plutôt que de chapelles privées. Que le larcin ait été perpétré par les révolutionnaires ne change rien ; un voleur reste un voleur.

D'autres circonstances sont plus terribles : les guerres civiles et internationales. Le pillage ou plutôt le ravage des musées de Bagdad et Kaboul en sont un exemple effarant, bien que tout le monde s'en moque. Ceci est simplement un dommage collatéral de "guerres justes". Et ne parlons pas des innombrables biens volés par des armées d'invasion ou leurs soldats comme lors des guerres napoléoniennes, hitlériennes ou américano-japonaise. La liste est infinie.

S'il est vrai que les troubles ou la pauvreté d'un pays sont une cause de vol d'art, n'oublions cependant pas de balayer devant notre porte en mentionnant les pillages de sites archéologiques ou paléontologiques devenus une constante même en Occident. Les sites étrusques pillés ont sont la triste illustration. Et comme internet facilité la revente d'objets relativement mineurs, ce trafic n'est pas prêt à s'arrêter.

N'oublions pas non plus la misère ou les urgences vitales, qui contraignent les particuliers à ce séparer de biens culturels à vil prix. Pensons simplement aux œuvres d'art « achetées » par Hitler et autres Göring.

La suite, demain!

Bodhisattva debout, source Interpol - Manet à la mine de MerkersBodhisattva debout, source Interpol - Manet à la mine de Merkers

Bodhisattva debout, source Interpol - Manet à la mine de Merkers

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