Copie ou original?
L'amateur ou le collectionneur d'art doit-il forcément posséder des oeuvres originales?
Tout le monde étant doté peu ou prou d'une sensibilité artistique, on trouvera toujours dans un logement un élément de décoration qu'il s'agisse d'une création ou d'une reproduction. Or, dans le regard vague du quotidien, la distinction importe peu. Rares sont les moments où l'on peut se poser devant une oeuvre et prendre le temps de l'examiner.
Alors qu'est-ce qui nous pousse à acquérir des originaux? Allez! pêle-mêle, quelques propositions :
- la sensation de posséder un objet unique qu'autrui n'aura pas (tel un instinct territorial);
- le plaisir de disséquer l'oeuvre à l'envi qu'il s'agisse de sa signification ou de la technique;
- la satisfaction rassurante de posséder une oeuvre chère;
- le snobisme, pour pouvoir briller auprès de ses hôtes ou de son entourage en signalant par ce biais que l'on est un intellectuel et que l'on a les moyens d'investir dans ce qui est, finalement, un luxe.
Rien de très reluisant...
Et s'il s'agissait tout simplement de désir, de l'envie d'être entouré par le Beau? Et le seul ravissement de nos yeux passerait alors par la constitution de son musée personnel et égoîste?
Ce qui précède expliquerait grandement la course à l'oeuvre d'art. Mais en définitive, ne serait-il pas plus intelligent de décorer son intimité à l'aide de reproductions de qualité? La personnalité d'un amateur d'art serait-elle moins intéressante parce que cet individu est moins argenté et entouré de reproductions?
Exposer un duplicata reste aussi la seule façon d'admirer une oeuvre à jamais immobilisée dans un musée. Une bonne reproduction de la Jeune fille au turban (ou à la perle) de Veermer est plus facile à acquérir que l'original... Une solution peut consister, par exemple, à se tourner vers les doubles de qualité vendus par la boutique du musée du Louvre (http://www.boutiquesdemusees.fr/fr/boutique/musees/musee-du-louvre).
Par ailleurs, la notion même d'original est toute relative concernant certains types d'objets. Ainsi, un bronze est généralement conçu pour être reproduit. Tiré souvent à huit exemplaires, il ne s'agit que de reproductions, l'exemplaire numéroté 1/8 pas moins que le 8/8. Même problème dans le domaine de la photographie qui est, par nature, reproductible. Considérez ainsi, sans volonté de publicité, la chaîne de boutiques Yellowkorner, qui vend des tirages de qualité en quantité limitée ou non.
Un amoureux de l'art pourrait donc sans honte se contenter d'une planche originale, d'une sérigraphie numérotée et signée ou encore d'une reproduction quelconque. Par contre, s'il est atteint de la maladie du collectionneur, il n'aura plus le choix que de casser sa tirelire!
Si vous pensez avoir des arguments en faveur des originaux ou des reproductions, vous pouvez compléter avantageusement cet article au moyen d'un commentaire. C'est gratuit et reproductible à volonté!
En cadeau : la reproduction (forcément) d'un tirage limité non numéroté et non signé extrait d'un coffret numéroté et signé du talentueux Jean-Philippe PEYRAUD (La vie d'artiste, 2001, Editions Le 9ème Monde).
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