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Vicissitude des ventes aux enchères

19 Décembre 2012, 23:06pm

Tout le monde peut se tromper. Y compris les professionnels auréolés d'une respectabilité statutaire.

Ainsi, les commissaires-priseurs peuvent commettre des bourdes de deux sortes, à l'instar des antiquaires, dans une certaine mesure..

Celles au détriment du vendeur en sous-estimant l'objet à vendre car le situant mal ou ne voyant pas le détail particulier. Ce type d'erreur se commet donc également au préjudice du professionnel, commissionné par l'acquéreur PUIS le vendeur volontaire entre 15 et 25 % du prix de vente. Comme tout commissionné, le chiffre d'affaire de l'entreprise dépend du nombre de biens vendus, soit plusieurs centaines par vente. Ceci explique que, parfois, des objets soient expertisés à la va-vite et mis en vente à vil prix pour favoriser leur vente. Un objet invendu fait mauvais genre vis-à-vis du vendeur et occasionne du travail et des manipulations inutiles. Par analogie avec le commerce classique, mieux vaut vendre en solde que de rester avec un stock sur les bras!

Les erreurs peuvent également être commises au profit de l'acquéreur en enjolivant le bien. Nous ne parlons pas des photographies aux couleurs accentuées des catalogues de vente - c'est de bonne guerre - mais d'erreur sur les qualités substantielles de l'oeuvre vendue. Une illustration : lors d'une vente d'originaux de bandes dessinées par une maison de vente respectable de Paris, avait été vendue une planche d'une série célébrissime présentée comme étant de la main de son génial créateur. Le prix d'adjudication avait été logiquement élevé. Cependant, un expert en la matière nous a informé par la suite que, si le gag était du maître, la planche avait été très majoritairement dessinée par un de ses assistants. Aussi talentueux fut-il, l'acheteur a surpayé l'oeuvre. Et, à bien y regarder, il est vrai que la patte du créateur ne s'y retrouvait pas. Dernière précision: la vente était passée auparavant entre les mains d'un expert connu de la place !

Une autre variété d'erreur concernant la qualité du bien nous est aussi apparue lors d'une vente en salle. Le catalogue mentionnait un tableau de l'artiste X; peu cher, cela semblait donc une éventuelle bonne affaire. Or, au moment de la vente, après une hésitation et un mot d'un de ses employés, le commissaire-priseur se corrigea et annonça que l'oeuvre était "attribué à" X. Ceci, les connaisseurs le savent bien, changent de beaucoup la valeur du bien, qui n'est plus certifié de la main de l'artiste. Cela signifie qu'il existe des présomptions sérieuses le désignant comme l'auteur mais l'authenticité n'est pas certifiée. Nuance de taille pour le nouveau propriétaire - et la responsabilité professionnelle du commissaire. Et dommage pour les personnes ignorantes du vocabulaire ou simplement absentes de la salle de vente et qui auraient passé un ordre d'achat par correspondance!

Alors, négligence, erreur ou faute? Peu importe; ce qu'il faut garder en tête, c'est que, malgré le decorum des salles de ventes, le commissaire-priseur reste un chef d'entreprise, un commerçant et qu'il est faillible. Comme le serait un antiquaire ou un galeriste spécialisé dans l'ancien.

Ne souhaitant pas attaquer injustement la profession, il convient tout de même de lui reconnaître des qualités fort appréciables, comme, entre autres, sa disponibilité, qui dépasse de loin le seul accueil commercial. mais aussi, le coup d'oeil sans égal pour situer la plupart des objets, de toute provenances et époques, ou pour détecter un défaut ou un rafistolage. De plus, en salle de vente, tout peut se vendre, évitant ainsi la déchetterie à des biens qui ne le méritent pas.

Enfin, argument déterminant : la responsabilité professionnelle du commissaire-priseur en cas d'inexactitudes au sujet du bien acquis, couplée à une assurance adaptée.

Pour les amateurs d'art qui ne connaissent pas encore, allez faire un tour en salle des ventes : c'est enrichissant, amusant et les bonnes affaires sont parfaitement possibles. A condition de ne pas se laisser emporter par les adjudications!

PS : un coup de gueule à certaines maisons de ventes : celles qui omettent volontairement de faire figurer les mises à prix des biens proposés. Visitez interencheres.com, choisissez un bien qui vous intéresse et si vous constatez, le cas échéant, l'absence d'indication de mise à prix, vous comprendrez l'agacement. Voilà une mauvaise habitude, qui frôle l'irrespect à l'égard de l'intéressé futur acquéreur et, indirectement, du vendeur. Si cette manie augmentait le chiffre d'affaires d'une société de ventes volontaires, ça se saurait et toutes le feraient. Voilà, ça fait du bien!

Friedrich Arnold - A windy night - Aquarelle

Friedrich Arnold - A windy night - Aquarelle

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