Le prix d'une œuvre d'art 2 - Le rôle de l'artiste
Certains artistes n'ont plus à se faire un nom ou à s'en faire fabriquer un et, dans ces cas, la signature est à elle seule preuve de génie, ou au moins de prestige, et donc d'un prix élevé.
Mais quels sont les éléments qui permettent d'atteindre cette notoriété ?
Involontairement, l'artiste peut en être à l'origine. Ainsi, prenons le cas des peintres dont la mort a ce petit quelque chose de tragique ou d'extraordinaire : Le Caravage, par sa mort violente, ou Basquiat, toxicomane décédé jeune d'une maladie sexuellement transmissible frappant alors préférentiellement la communauté homosexuelle. Vues de l'extérieur, ces décès semblent romantiques et aident sûrement à la célébrité de l'artiste et donc au renchérissement du prix de leurs création. Se couper une oreille n'est pas mauvais non plus, question marketing...
Quant aux origines ethniques, c'est-à-dire le hasard de la naissance, elles ne sont pas inutiles lorsqu'un pays devient artistiquement à la mode à l'instar de la Chine. Chaque artiste étant différent, ce critère de nationalité est, à bien y réfléchir, idiot, mais la mode n'est pas rationnelle par définition.
Volontairement, en revanche, une cote haute peut être favorisée par l'artiste lui-même. Ainsi, pour commencer, il est bon que l'artiste soit le plus disponible possible pour sa propre promotion : jouer le jeu absolument meeerveilleux et teeellement original des vernissages, se montrer aux expositions d'autrui, donner des interviews etc... Un peu comme un écrivain auquel son éditeur recommande d’assister à des salons ou à des émissions radiophoniques ou télévisées. De nos jours, avec la logorrhée médiatique ambiante, fort talentueux serait l'artiste reclus et pourtant célèbre.
Le choix du galeriste, voire de son agent, peut également se révéler déterminant dans la promotion de sa production.
L'artiste, s'il n'est d'emblée pas partie de l’œuvre, peut lui-même se donner en spectacle. Le cas du personnage fantasque et excentrique de Dali en est la meilleure preuve. Parallèlement, le choix de Damien Hirst de se libérer de la galerie Gagosian et de commercialiser lui-même ses œuvres a créé le buzz, c'est-à-dire tourné les projecteurs vers lui, sans considération de ses créations.
Le dernier critère maîtrisable par l'artiste est l'antithèse de la rareté des œuvres mentionnée en première partie : si vous voulez passer à la vitesse supérieure, il faut de la matière à commercialiser, donc une production importante qui nourrira un flux continu de transactions. Seuls les maîtres anciens peuvent se payer le luxe de se faire rares... De son vivant, il faut donc travailler !
La suite, eh bien... après.
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