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Le prix d'une œuvre d'art 6 – Les professions oubliées

18 Mars 2013, 12:22pm

Publié par Le proprio

Comme dans tout secteur économique, l'art voit graviter autour de lui des professions connexes, qui, bien que pour certaines essentielles, ne viennent pas d'emblée à l'esprit du badaud. Leur intervention est pourtant un facteur économique à prendre en compte lors des transactions pour déterminer le prix d'une œuvre. En voici un inventaire sûrement incomplet.

L'un des exemples le plus évident est le restaurateur d'art, élément central de la conservation des œuvres, qu'elles soient réalisées en tissu, métal ou peintures. Son art demande du temps et donc de l'argent. Si pour les pièces exceptionnelles leurs honoraires, même élevés, comptent peu, ils sont cependant à prendre à compte pour l'acheteur d'œuvres de prix moyen. Quant aux œuvres de peu de valeur, elle ne sont malheureusement que rarement restaurées. Une restauration devrait donc être un élément à considérer dès que l'amateur investit dans une pièce ancienne. Ce coût de restauration est pris en compte avec d'autant plus d'acuité que l'acquéreur est un professionnel devant évaluer sa future marge. Mais reprenons dans l'ordre.

Avant même l’œuvre d'art, il y a l'artiste, et avant même celui-ci l'enseignant. A l'opposé de la démarche autodidactique, la formation artistique peut être dispensée autant dans l'enseignement public, universitaire ou non, que par le secteur privé. En effet, nombreuses sont les classes dispensées par des associations ou des artistes indépendants. Sauf dans le cas de rares de véritables génies, la transmission reste le maillon indispensable de la survie des savoirs et techniques les plus pointus. Beaucoup de grands maîtres de la peinture, tels Rubens ou Raphaël, ont d'ailleurs formé d'autres grands maîtres dans leurs ateliers. Essayez d'apprendre l'anatomie humaine tout seul, et vous m'en direz des nouvelles !

Par la suite, si un artiste confie sa promotion à un agent, il fixera bien sûr indirectement ses prix en fonction du net lui revenant après rémunération de son mandataire. Idem pour les honoraires d'un cabinet d'avocats gérant la gestion des droits portant sur une œuvre en établissant les contrats d'exploitation ou faisant la police en cas de piratages.

Tout juste en amont de la transaction, nous avons évoqué le rôle des experts. Leur rôle est souvent décisif dans l'impulsion d'achat et systématique pour les œuvres de grand maîtres. Précisons que les experts ne sont pas que des prestataires de services pour les commissaires-priseurs, car leur rôle est ainsi consubstantiel à la conclusion d'un contrat d'assurance à valeur agréée. Un acheteur peut aussi faire appel à un expert pour examiner une future et onéreuse acquisition. Enfin, n'oublions pas le rôle des experts dans l'authentification des œuvres ; de leur crédibilité dépend la hauteur d'un marché.

Une fois la transaction convenue, un autre coût à son importance : le transport. En effet, il n'y a pas que l'éloignement géographique qui contraigne à faire appel à un transporteur spécialisé, mais également la fragilité de l’œuvre ou son encombrement. Pensez au pauvre requin formolé de Hirst !

Assez démocratiquement, le coût du transport a une importance proportionnellement inverse au prix brut de l’œuvre, ainsi que l'on peut le constater quand on achète un petit quelque chose sur internet.

Logiquement, intervient à présent le coût des assurances, lors du transport, d'une part, et du stockage, d'autre part. Dans ce dernier cas, cependant, le montant de l'assurance ne joue plus tellement sur le prix, le contrat jouant souvent sur la globalité d'une collection, sauf bien exceptionnelle et grandiose. Reste le problème de l'assurance du transport. Ici, bien entendu, les primes sont proportionnelles à la valeur de l’œuvre, mais le montant de la prime sera aussi fixé compte tenu du savoir-faire du transporteur, de la distance, des mers à traverser et des conditions du déplacement. Exercice délicat, voire casse-tête, qui par ailleurs concerne autant les ventes que les prêts en vue d'une exposition. Les musées en savent quelque chose.

Voilà ! L’artiste a été formé, il a (bien) travaillé, été payé et rémunéré ses auxiliaires, le bien a été livré et assuré, puis, plus loin dans l'avenir, l’œuvre sera expertisée et restaurée lors de reventes.

Voici un inventaire pourtant incomplet car n'ont pas été cités, sans ordre : les patients modèles , les éditeurs d'art (tirages, livres, cartes, produits dérivés), les associations de promotion d'artistes et les fondations, les coachs de collectionneurs d'art, l'industrie chimique et les fabricants de matériel, les magazines et journalistes spécialisés, La Maison des Artistes (« sécurité sociale ») et on en oublie ! Ça en fait du monde !

Si quelqu'un a été omis, qu'il lève le doigt !

Damien Hirst - "Les humains m'ont tuer"! Photo : provemploi.blog.regionsjob.com

Damien Hirst - "Les humains m'ont tuer"! Photo : provemploi.blog.regionsjob.com

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