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Le prix d'une œuvre d'art 5 – Le rôle de l'acheteur

9 Mars 2013, 14:00pm

Publié par Le proprio

Tout comme n'importe quel marché celui de l'art est tenu à bout de bras par le consommateur final. C'est lui, qui déterminera si le prix est acceptable ou non, si l'échange est à son sens équilibré. La règle est simple : pas d'acheteurs = pas d'intermédiaires = pas d'artistes professionnels. A l'extrême, l'absence d'un marché aboutit également à la disparition de techniques et d'enseignement. Voyez l'architecture monumentale de l'Egypte antique : plus de commanditaires = plus de pyramides !

Mais, direz-vous, il est reconnu que l'acheteur n'est pas omnipotent : le but du marketing est précisément de le guider pour l'inciter à l'achat. Et effectivement, le collectionneur d'art peut être manipulé, consciemment ou non, par un vendeur habile, qu'il s'agisse d'un artiste ou d'un intermédiaire, comme nous l'avons évoqué précédemment. A un moment, cependant, les exigences du futur acquéreur se feront inévitablement sentir.

A commencer par le nerf de la guerre, c'est-à-dire la capacité financière de l'acquéreur. Combien d'amateurs débutants se sont dit, en prenant contact pour la première fois avec un galeriste, par exemple : « Ah, oui ! Quand même ! » ou encore « La vache ! C'est pas donné! » ?

Interviennent également les limites financières que l'acheteur raisonnable et/ou calculateur s'est arbitrairement imposé selon deux ratios : le rapport prix-plaisir ou et le rapport prix-rentabilité. Evidemment, le premier des deux est subjectif et de toute façon inexistant pour les acheteurs richissimes. Au risque d'une digression, précisons que plus un artiste est cher, plus il restreint son audience. Cela présente donc pour inconvénient, à terme, que cet artiste est beaucoup plus sujet à l'insuccès et l'abandon en raison de la versatilité de ses consommateurs.

Autre limite imposée par l'acquéreur, bien qu'ici jouet de la collectivité : la mode. Celle-ci dépend principalement de deux facteurs : le rôle des revendeurs/détaillants et le conformisme ainsi que la lassitude.

Un galeriste peut à lui seul raviver l'intérêt de ses confrères, à l'occasion d'une mise en vente, pendant une foire de renom, par exemple, d'une œuvre exceptionnelle dans un genre délaissé. L'offre suivra petit à petit et la demande avec. Un collectionneur célèbre peut également amorcer ou entretenir un phénomène de mode.

Au niveau de l'acheteur, le conformisme est par définition le facteur clef de la mode : faire comme les autres pour épater le plus grand nombre ou espérer une plus-value aisée, sans trop de risques.

A contrario, la lassitude se rappelle un jour ou l'autre aux bons soins du marché. Sans compter l'assèchement de celui-ci.

Notons toutefois que certains secteurs où l'offre authentique est très limitée le phénomène de mode est inopérant, ainsi pour les grands maîtres anciens.

Un autre facteur influant notablement le prix des œuvres d'art est la méfiance du collectionneur envers le marché. Deux phénomènes, pourtant différents de nature, amènent à calmer la fièvre consumériste de l'amateur sujet à ce sentiment : l'escalade des prix, qui démotivera les investisseurs, et la peur du faux. Dans le premier cas, viendra un moment où l'acquéreur craindra s'atteindre la haut de courbe. Dans le cas de la falsification, ce n'est pas le prix qui sera limité mais carrément l'acte d'achat. La multiplication des faux dans un secteur à la mode et le manque de probité de certaines professions n'arrangeant rien.

Enfin, citons des limites pratiques et plutôt personnelles qui s'imposent à l'acheteur ; peur de l'achat à l'étranger pour des questions de langues et de garanties ou encore les problèmes de mise en valeur, de stockage, d'assurance etc...

Voici donc une compilation non exhaustive de paramètres qui rappellent que, dans une certaine mesure, le consommateur peut avoir le dernier mot.

Picsou sujet d'art - artiste inconnu  / Manque d'amateurs : rhomboïdale de Dahschur - Photo Michael HoefnerPicsou sujet d'art - artiste inconnu  / Manque d'amateurs : rhomboïdale de Dahschur - Photo Michael Hoefner

Picsou sujet d'art - artiste inconnu / Manque d'amateurs : rhomboïdale de Dahschur - Photo Michael Hoefner

Commenter cet article

jomarco 26/01/2016 09:55

Il paraîtrait que Joseph Marcoulet le créateur Français de la première œuvre Top Art du monde, envisagerait de vendre sa sculpture qui pourrait devenir la plus chère de la planète. Celle-ci est visible sous ce lien
http://www.ucidomi.fr/lovetopstar/lovemobile.html

Un musée privé du moyen orient envisagerait de la lui acheter pour s'attirer des multitudes de visiteurs et une médiatisation mondiale.

Est-ce que la France un grand musée Français ou un riche collectionneur laisseront partir ce fleuron de notre patrimoine qui pourrait nous procurer les rentrées de devises et les emplois dont nous avons tant besoin ?

l'administrateur 30/01/2016 22:18

Merci de l'information.
Les quelques richissimes français flambent moins pour l'art que d'autres nationalités. Les étrangers fortunés sont logiquement plus nombreux que les français donc...
Mais le concept est intéressant et je n'y avais pas pensé lors de la rédaction sur les facteurs influant ou fixant le prix d'une œuvre : créer un style nouveau, posséder les pièces fondatrices et logiquement en demander cher. CQFD. Fallait y penser!
J'y songerai cette nuit!
A la prossima volta!

Eddie 26/06/2013 08:03

Bonjour, nouveau concept d'EXPOSITION sur le web www.icidexpos.com bonne visite amicalement Eddie.

l'administrateur 30/01/2016 22:11

Bonjour,
Merci de votre lien, qui ne semble pas fonctionner, mais la page facebook est disponible. Elle est riche et vaut le coup d'oeil.
Bonne continuation